Jean et Espoir

Publié le par Jeely

Je suis tombée par hasard sur cet article ecrit en direct de Hong Kong par Céline d'Equidia...
on ne peut pas mieux dire, alors je le lui emprunte... n'hésitez pas à aller la lire  : http://equidia-sport.hautetfort.com/

UN JEANNOT VOUS MANQUE ET TOUT EST DEPEUPLE

Alors voila, Jean Teulère ne fera pas les Jeux Olympiques. Déjà hier nous trouvions cela suspect, Fix, Kamel et moi-même, de le voir à pieds sous une pluie battante, observant ses collègues durant leur séance de saut d'obstacles. Espoir était resté au box. Il a "bougé" à un antérieur et n'est pas bon pour le service, a t-on su aujourd'hui.
Jean n'a pas perdu son sourire pour autant, il dit que sa (longue) vie de cavalier lui a joué d'autres tours et qu'il a appris à les encaisser. Je crois qu’il a surtout des regrets pour Aurélien Kahn, qui aurait pu partir à sa place et donc cela aurait été la première olympiade.
Jean est un garçon que je n'ai jamais entendu se plaindre, et, même si je ne suis pas son amie, cela fait maintenant bien longtemps que je l’ai dans mon paysage... Je l’ai connu cassé, aussi, quand le joli San Joseph lui est tombé dessus il n’y a pas si longtemps. Fracture du bassin et de je ne sais plus quoi…
La première fois que le l'ai interviewé, c'était pour un mensuel d'équitation, en des temps antédiluviens... genre 1996. Il avait déjà posé un lapin à deux de mes collègues du même support, donc j'arrivais à Saumur, dans l'antre du Teulère, avec méfiance... voire avec animosité. Il faut dire que j'avais vingt ans et quelques et que j'étais assez "sanguine", à cette époque ! Evidemment Jeannot n'était pas au rendez-vous, donné à l'Ecole Nationale d'Equitation où l'équipe de France a ses quartiers. Je suis donc allée voir Thierry Touzaint et lui ai dit que je ne repartirais pas sans avoir vu Jean Teulère, et que ce serait un gain de temps pour tout le monde de le lui faire savoir... Malaise ! Thierry a passé un coup de fil et dix minutes plus tard Jean était là, avec une mine timide ou contrite, je n’ai jamais bien su. Une heure de plus et j'étais conquise, non pas par le sportif -je n'ai pas d'idolâtrie pour les sportifs- mais par le mec. Détrompez-vous, chers lecteurs, ce n'est pas un sentiment amoureux que je décris là ! C'est une admiration fraîche et régénérante, qui s'est affinée au fil du temps.
Le deuxième long article que j'ai écrit sur Jean s'appelait "à la recherche de JeanTeulère", mais je ne peux pas prétendre l'avoir trouvé pour autant! Il est assez insondable, en vérité. Entouré d'amis mais solitaire. Fidèle et libre à la fois. Et homme de cheval. A Atlanta, aux JO de 1996, la médaille de bronze en individuel lui a échappé de très peu. Il montait le beau Rodosto, un grand bai aux yeux tendres, au corps magnifique, avec de grandes oreilles. Très bon cheval, Rodosto, dans un tout autre style qu’Espoir, sans insolence. Il avait les jambes fragiles et s’est déferré sur le cross. Jean a levé le pied et laissé filer la médaille… Pour préserver son cheval, déjà… Il m’a dit un jour que ce qui comptait, c’était la beauté d’un parcours et pas les médailles. Parcours d’un jour sur un cross, parcours d’une vie aussi.
Je pense que d’autres que Jean auraient peut-être été tentés d’engager Espoir malgré tout, quitte à être virés à la visite vétérinaire, quitte à ce qu’après, leur cheval soit mis à la retraite. Vous pensez que je rêve ? Que j’idéalise ? Eh bien justement, je ne crois pas….

Céline

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Publié dans Divers et variés

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