Au coeur du débat

Publié le par Jeely

Un article tiré du net :


Euthanasie : la place du médecin
au centre du procès

NOUVELOBS.COM | 13.03.2007 | 18:24


 

Les médecins de l'hôpital où a été pratiquée l'injection donnant la mort à une patiente en phase terminale d'un cancer, ont témoigné de leur situation "intolérable".

 

Chantal Chanel et Laurence Tramois

Chantal Chanel et Laurence Tramois (Sipa)

La question de la solitude du médecin dans un hôpital local de proximité était mardi 13 mars au matin au centre des débats devant la cour d'assises de la Dordogne afin de tenter d'expliquer l'acte du Dr Laurence Tramois qui a mis fin le 25 août 2003 à la vie d'une de ses patientes, Paulette Druais, âgée de 65 ans, à l'hôpital de Saint-Astier.
"C'est un hôpital de proximité où le personnel et les patients sont liés familialement", a expliqué le Dr Jean Charrut qui préside la commission médicale de cet établissement (CME) de 200 lits, dont 160 en maison de retraite médicalisée et six lits de "fin de vie".

Une infirmière pour 200 lits

Comme tous les hôpitaux locaux, celui de Saint-Astier n'emploie pas directement les médecins, mais les praticiens de la région y rendent visite à leurs patients. "Les lits de 'fin de vie' ne sont pas un service de soins palliatifs qui nécessite la présence d'un spécialiste", a souligné le Dr Charrut.
La nuit, une seule infirmière est en charge des 200 lits, une situation "intolérable" pour le président du CME. Chantal Chanel était donc seule la nuit du 25 août 2003 pour s'occuper de Paulette Druais, en phase terminale d'un cancer du pancréas, d'une autre patiente en fin de vie, ainsi que des 198 autres lits.
"Laurence (Tramois) s'est retrouvée toute seule ce 23 août au soir pour faire sa prescription. Puis Chantal (Chanel) s'est retrouvée toute seule devant les instructions de Laurence", a rappelé le Dr Christophe Bayon, l'un des trois associés du Dr Tramois. Le praticien a également condamné "l'hypocrisie" qui règne autour de la question de l'euthanasie. "Il existe des sédatifs qui permettent de décrocher en douceur", a expliqué le Dr Bayon. Des médicaments utilisés fréquemment en unité de soins palliatifs, a-t-il assuré.

Une dose mortelle de potassium

Quant au cas de Paulette Druais, le médecin était visiblement partagé. S'il a apporté son "soutien inconditionnel" aux deux accusées, il a fait part de ses doutes sur la prise en charge de Paulette Druais, par Laurence Tramois dont elle était très proche. "C'est très compliqué à partir d'un certain stade".
"C'est tellement dur pour tout le monde", a insisté le Dr Bayon. "L'utilisation du potassium, on peut la reprocher sur le fond à Laurence, mais il fallait que cette patiente passe de l'autre côté", a-t-il ajouté sans pouvoir expliquer pourquoi sa consœur n'a pas tenté de consulter ses collègues, ou pourquoi l'infirmière a exécuté les prescriptions sans rappeler le médecin.
Le 25 août 2003, le Dr Tramois avait prescrit une dose de potassium à la malade, qui était la belle-mère de sa sœur Sophie. Mais c'est Chantal Chanel, seule dans la soirée dans le service, qui a administré la dose, qu'elle savait mortelle, à la patiente, décédée une heure plus tard.
En fin de matinée, la cour a entendu le sénateur Henri Caillavet, ancien rapporteur de la loi sur l'euthanasie. Dans l'après-midi sont convoquées les infirmières qui ont dénoncé les faits. Le verdict est attendu jeudi soir. Les deux accusées encourent jusqu'à 30 ans de réclusion criminelle. (AP)


Hier, le verdict et les peines ont été prononcées, Chantal Chanel a été acquittée, Laurence Tramois a été condamnée à un an de prison avec surcis.

Il serait temps que les lois soient modifiées. La société semble en voie d'accepter l'idée de l'euthanasie. C'est un pas difficile...
Meme notre serment d'Hippocrate est contradictoire...

Je ne comprends pas les personnes qui ont dénoncé ce médecin et cette infirmière... jalousie interne de bas étage??? comme si jamais personne n'avait aidé qq 'un  à partir...

J'ai été choquée par des réactions de lecteurs sur cet article. .. mais je crois qu'ils n'ont jamais vu personne souffrir, en fin de vie, à cause d'un cancer ou d'une autre maladie qui rends même la respiration douloureuse, difficile, chaque mobilisation devient une souffrance, les perfs, la degradation  de l'image de soi (faire ses besoins sur soi, ce n'est pas tres valorisant)... que cela concerne une personne de sa famille, ou un quidam ... comment peut-on pretendre qu'il faut laisser les choses se faire...

Je ne dis pas qu'il faut administrer une bonne dose de potassium, tout azimut!! mais quelle importance que mme X soit décédée avec une heure ou un jour d'avance... elle ne souffre plus.

Aider une personne en fin de vie à partir qd il n'ya plus aucun moyen de soigner et aucun moyen de soulager... ce n'est pas légal, c'est humain.


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